Si réel-ment
et que le mental s’em mêle,
peut-être faut-il
reprendre possession
de nos récits.
Leur rendre leur juste place,
ce petit basculement
qui redonne à la conscience
un espace pour respirer,
à la vie,
sa liberté fragile,
à l’être,
cet équilibre mouvant
entre corps, esprit
et conscience.
Pourquoi ne pas porter nos récits
comme on porte un vêtement ?
On l’essaie.
On le porte.
On s’en pare.
On s’en empare.
On y fait attention,
surtout lorsqu’il est neuf.
Lorsqu’il est rempli
de bons souvenirs,
on le garde dans un tiroir.
S’il est abîmé,
on tente de le réparer.
Ou on le jette.
Avec
ou sans état d’âme.
Acheter des vêtements tout faits.
Ou se les fabriquer soi-même.
Suivre les modes.
En changer souvent.
Avoir ses préférés,
patinés par le temps.
Se vêtir à bas prix.
Préférer la qualité.
Vouloir du sur-mesure.
Ou du prêt-à-porter.
Être nu.
Avoir des vêtements en lambeaux,
dépareillés
ou assortis.
Ne pas avoir de quoi
s’en acheter.
Aimer les vêtements techniques.
Préférer les vêtements confortables.
Préférer avoir chaud
plutôt qu’être élégant.
Aimer l’uniforme.
Rester dans les conventions.
S’habiller comme on aime,
avec discrétion
ou extravagance.
Qu’importe le goût.
Qu’importe l’élégance.
Tant qu’on n’exige pas
l’uniformité.
Et peut-être accepter
que nos récits,
comme nos vêtements,
n’aient qu’un temps.
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